Bonne nuit les petits flippés

Bonne nuit les petits flippés

L’ obscurité est la meilleure alliée des monstres, des cambrioleurs, des criminels et des loups-garous. Pas étonnant qu’on ait la frousse dans son petit lit le soir ! Et si cette peur est une étape inévitable dans la construction psychique des enfants, certains adultes sont aussi atteints d’achluophobie.

Il semblerait que la peur du noir débarque dans notre cerveau dès 2 ans. Entre 2 et 6 ans, l’enfant ne fait pas la différence entre réalité et imagination, et son imagination est si féconde qu’il est impossible de se « raisonner » seul. La moindre ombre se transforme en créature atroce et on ne compte plus le nombre de crabes ou de loups-garous planqués sous le plumard. Si l’objet de sa peur est fictif, son ressenti est bien réel ! Pour l’aider à surmonter ses peurs, laissez-le décrire avec précision ses angoisses, sans commenter. En se sentant com- pris, il sera plus enclin à dominer ses angoisses. Montrez-lui comment respirer pour se calmer ou apprenez ensemble une petite chanson, à réciter comme une formule magique lorsque l’angoisse monte. En revanche, évitez de lui proposer des armes pour chasser les monstres, se défendre d’eux, car vous les faites exister en attestant leur présence.

Lorsque la peur du noir est reconnue comme pathologique chez un individu, on dit qu’il est nyctophobique (peur de la nuit), scotophobique (peur de l’obscurité) ou achluophobique (peur du noir). Chez l’adulte, la peur du noir n’est pas traumatique, ni liée à une expérience douloureuse (cambriolage, agression, mort), et va souvent de pair avec des rituels d’endormissement (lumières allumées toute la nuit, vérification des verrous de la maison, check sous le lit, etc.). Qu’on se rassure, la peur du noir chez les adultes n’a aucun lien avec l’enfance non plus. Mieux vaut se faire aider d’un professionnel ou d’un proche qui aidera à trouver les raisons et à mettre en place des rituels du soir pour se débarrasser au fur et à mesure de ses petits réflexes phobiques et lui apprendre à dormir dans le noir. « Petite, je n’avais absolument pas peur du noir. Vers 20 ans, j’ai commencé à ne plus pouvoir me passer de lumière la nuit, à sursauter au moindre bruit, et à stratéger sur mon issue de secours en cas “ d’attaque “. Impossible de me raisonner, mon entourage a tout essayé. Il m’a fallu attendre dix ans, et que mon petit garçon de deux ans me confie sa peur du noir pour que j’ai un déclic… lui et moi ne pouvions pas avoir les mêmes angoisses, il fallait donc supprimer petit à petit ma lampe de chevet allumée toute la nuit. » confie avec courage l’un des membres de la team Petit Pas.

Chic des bonus, extrait du Petit Pas #39